Le métier

 

Une profession non-réglementée : le droit

Le principe général est clair : la profession de "masseur" de "bien-être" est une profession non réglementée qui peut-être pratiquée en toute légalité par tous.

 

De l'usage du terme "massage"

D'abord un principe général de droit : nul n'est propriétaire d'un mot de la langue française.

La Loi et les règlements ainsi que retranscrits dans le Code de la santé publique* définissent le mot "massage" et sa pratique pour, des massages, ceux effectués par les masseurs-kinésithérapeutes.

* Articles L4312-1, R4321-1 et R4321-3 du code de la santé publique.

De même , la Loi * définit le mot "modelage" pour des modelages, ceux effectués par les esthéticiennes.

* Loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat modifiée par la Loi n° 2010-853 du 23 juillet 2010.

Mais aucune Loi et aucun règlement ne définit ce même terme de "massage" pour d'autres activités que la masso-kinésithérapie telles que le "massage" cardiaque ni celui de "modelage" pour d'autres activités que celles des esthéticiennes. Aucun texte à portée juridique ne restreint l'usage de ces deux mots aux professions citées. (Voir les définitions de massage, masser et masseur dans le Dictionnaire de l'Académie française, qui montrent bien que ces mots peuvent être utilisés à d'autres fins qu'en masso-kinésithérapie sans parler de celui de modelage qui n'est pas défini par le même dictionnaire, au sens où l'entend le législateur pour les esthéticiennes).

 

C'est ce que conclut la juriprudence :

"Attendu que si l'article L.487 du Code de la santé publique réserve aux seuls titulaires du Diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute la pratique du massage, ce texte n'instaure de protection qu'à l'égard de l'activité elle-même de massage mais sans protéger le terme lui-même".

Ce qui veut bien dire que, s'ils ont effectivement un certain monopole sur la pratique du massage, celui qui est défini par le Code de la santé publique, les masseurs-kinésithérapeutes  n'ont pas le monopole de l'usage du mot "massage", notamment pour le massage que pratiquent, en toute légalité reconnue par la juriprudence, les "Praticiens en Massage Bien-Etre".

 

Article R-4321-3

On entend par "massage" tout manoeuvre externe, réalisée sur les tissus, dans un but thérapeutique ou non,  de façon manuelle ou par l'intermédiaire d'appareils autres que les appareils d'électrothérapie, avec ou sans l'aide de produits, qui comporte une mobilisation ou une stimulation méthodique, mécanique ou réflexe de ces tissus.

Les faits

La pratique du "massage bien-être" sans diplôme a toujours existé, se développe de façon importante en France comme en Europe où la règlementation est moins restrictives concernant ce qui touche aux soins non conventionnels et que la société ne poursuit pas les praticiens en massage bien-être en justice. Elle limite ses poursuites au racolage et au proxénétisme en matière de prostitution et les autres crimes et délits qui peuvent être commis dans les professions (escroquerie, vol, attouchements...).

 

Conclusion sur le droit du massage bien-être

Rien n'interdit à un praticien en massage bien-être d'utiliser les mots "massage", "masseur" et "masser" dans son domaine de compétences selon l'adage "nullum crimen, nulla poena sine lege" ("pas de crime, pas de peine sans loi"), principe inscrit dans notre constitution de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

On peut simplement lui recommander de préciser quel type de massage il pratique afin d'éviter toute confusion.

 


-LE METIER


Ce qu'est le praticien en massage bien-être

              -C'est avant tout un praticien

Masser, c'est d'abord et avant tout travailler avec ses mains et laisser ses mains travailler.

Sa matière est la personne humaine à travers son corps, entièrement, complètement, globalement - même si  elle ne concerne pas, techniquement, les "parties intimes" - que ce soit sur le plan physique ou mental.

              -C'est un entrepreneur

Pratiquer, c'est monter son entreprise, seul(e) ou à plusieurs : investir, communiquer, se faire connaître, gérer les personnes, les moyens matériels et financiers, appliquer les règles de son environnement, assumer les risques...

              -Son métier est en pleine évolution

Sa place a été contestée, notamment par les professionnels de la santé, sur le plan technique, et par les "braves gens" sur le plan moral. Il doit donc trouver sans cesse sa place, prendre conscience de son métier, de son art, et du pouvoir de ses mains pour s'adapter sans cesse.

La législation européenne, plus libérale que celle de la France sur la pratique du massage et en particulier thérapeutique, finira par s'imposer et certains verrous actuels sauteront dans les prochaines années comme cela a été le cas en 2002 pour l'ostéopathie enfin reconnue. Les recommandations de l'OMS et de l'Union européenne sur les médecines alternatives vont également dans ce sens.


  • Les qualités requises

Pour masser, il faut d'abord aimer les personnes sans distinction, hommes et femmes, jeunes ou vieilles, en bonne santé ou handicapées.

             - Une compétence manuelle, aimer toucher et être touché. Ne pas hésiter de faire un stage d'initiation pour s'éprouver une première fois et demander au formateur ou à la formatrice ce qu'il en pense.

             - Une bonne constitution physique, car masser est un travail physique par définition et il faut vérifier qu'on "tiendra le coup". Le dos, très sollicité, peut en souffrir mais, si un problème de dos existant  et important peut empêcher de pratiquer ce métier, la technique et une hygiène de vie (ça s'apprend) peuvent parfaitement pallier ces problèmes de débutant.

           - Un bon équilibre mental

Vous allez entrer dans l'intimité et les émotions de votre client et celui-ci va vous confier corps et esprit. Vous allez prendre connaissance de certains de ses problèmes physiques, mentaux, sociaux...auxquels vous ne pourrez répondre qu'en partie à travers le massage. Il vous faudra faire face en vous protégeant psychologiquement alors que vous n'avez pas de formations spécifique pour cela.

             - Une écoute de l'autre et un sens relationnel

Dans la relation duale que vous allez avoir avec votre client, sans qu'il soit question pour vous de devenir psychothérapeute, il vous faudra être sans arrêt à l'écoute de celui-ci à travers tous vos sens pour répondre au mieux à ses attentes.

En même temps, il va vous falloir accueillir ce client, le mettre en confiance, le prendre en charge..., toutes actions qui demandent un grand sens relationnel.

              - Une curiosité et une capacité à se remettre en question

Le monde change, les techniques de massage évoluent comme les autres, les personnes évoluent, vous devez évoluer. Il vous faudra être curieux de tous ces changements et de vous-même pour vous adapter en permanence.

 

Que fait le masseur bien-être ?

Le "praticien en massage bien-être" accueille professionnellement des personnes qui souhaitent recevoir des massages de détente et s'offrir un moment agréable, ponctuel ou régulier. Ses clients sont variés et peuvent être motivés par différents désirs ou objectifs.  

 

Comment travaille-t-il ?

Le travail avec un client commence par un temps de rencontre.

A partir du travail "d'enquête" et d'écoute, le masseur construit un protocole d'intervention, puisant dans les techniques de relaxation et de massage qu'il maîtrise.

Le masseur bien-être prodigue ses massages et moments de relaxation avec respect, délicatesse, tact, créativité et ingéniosité, dans un lieu et une atmosphère étudiés, dans des conditions d'hygiène irréprochable, en respectant ses limites personnelles et celles de sa profession. 

 

Dans quels pièges doit-il éviter de tomber ?

- Etre un bon praticien ne suffit pas lorsque l'on s'installe en cabinet libéral. Il faut aussi connaître et maîtriser par ailleurs les qualités de l'entrepreneur : vision comptable, notions juridiques, communication, explication de son travail, capacité à faire des liens entre nos connaissances et les demandes du public. Préférez nettement l'installation en cabinets groupés ou en cabinet partagé.


  • Les qualités requises pour s'établir

Aux qualités nécessaires pour pratiquer, il vous faut posséder également toutes les qualités pour créer et faire prospérer votre petite entreprise même si vous n'en êtes que le seul employé.

              1. L'esprit entrepreneurial

Avoir envie de réussir, tenir dans les périodes difficiles, vous battre pour surnager parfois. Nous vous encourageons vivement à régler vos problèmes relationnels avant de vous lancer dans le massage bien-être et à ne pas importuner vos clients avec eux !

              2. Un sens de l'organisation et de la gestion

Même si un cabinet de massage est une très petite entreprise, il vous faut un sens de l'organisation minimum pour le gérer correctement : le cabinet doit être impeccable, vos rendez-vous à l'heure, votre comptabilité à jour, votre communication suivie...

              3. Un sens pratico-pratique

Le massage n'est pas une idéologie éthérée, la massage est dans vos propres mains, et le client est une réalité tangible.

              4. Savoir dire non.

Comme tout responsable, il faut savoir dire non quand cela est nécessaire, car il n'y aura personne pour le faire à votre place :

Dire non au client qui formule une demande à laquelle vous ne pouvez répondre (demande sexuelle, mais aussi psychologique, physique, matérielle...qui seront au-delà de vos possibilité de réponse).

Dire non à vous-même, connaître vos limites, ne pas tenter l'aventure au-delà du raisonnable.

 


 

- Ne laissez pas non plus dépérir vos connaissances... La formation continue est toujours enrichissante dans ce métier où l'on apprend tout au long de la vie. Par ailleurs, les compétences du masseur de bien-être se combinent utilement avec d'autres métiers : naturopathe, aromathérapeute, coach en développement personnel, esthétique éthique, animateur dans les métiers de la forme, relaxologue, sophrologue, etc.

 


PRINCIPAUX DEBOUCHES 

 

- Le praticien en massage bien-être peut travailler en cabinet ou atelier de relaxation. Il est alors à son propre compte, en libéral, gérant de société ou salarié d'une société de portage. Dans certains cas, il se déplace pour proposer des interventions à domicile, dans les hôtels, en entreprises ou à l'occasion d'un événement.

- Il peut travailler en salon ou institut de massage et spas. Il est alors salarié de l'entreprise qui l'emploie.

- Dans certains cas, il peut exercer, en complément d'une première profession (infirmier, aide-soignant, éducateur spécialisé, etc.) dans un service social ou hospitalier.